Les couches lavables ? Impossible…
Quand je parle de couches lavables pour les enfants, on me fait souvent de gros yeux… Comme si elles étaient un challenge insurmontable. Pourtant, une fois la routine mise en place, les difficultés semblent loin !

Comment se présentent les couches lavables
Je dirais qu’il y a deux points un peu laborieux pour se lancer dans l’aventure des couches lavables. D’une part, la mise en place de la routine, qui dépend vraiment des préférences de chacun. D’autre part, le choix des couches !
Il en existe en effet de nombreuses variétés, avec des spécificités différentes.
On parlera des “TE1”, ou “Tout En 1”, pour désigner les couches en une seule partie. Elles sont constituées d’un tissu imperméable et un absorbant, cousus ensemble. Elles sont faciles à mettre en place sur les fesses de bébé car elles se présentent comme une couche classique. En contrepartie, il faudra en acheter beaucoup et elles seront plus longues à sécher. Attention: le tissu imperméable ne tolère pas le sèche linge).
Nous aurons les “TE2”, ou “Tout En 2”, pour parler des couches en 2 parties. Elles sont constituées d’une culotte et son hamac imperméable d’une part, et des inserts absorbants d’autre part. Ces couches sont un peu plus complexes à préparer, mais présentent l’avantage de sécher plus rapidement. Les inserts peuvent éventuellement passer au sèche linge. D’autre part, si la culotte n’est pas souillées, on pourra ne changer que l’insert de la couche. Il n’est donc pas nécessaire d’acheter autant de couches que les TE1, ce qui minimisera considérablement l’investissement initial !
Certaines marques proposeront également les “TE3” (ou, vous vous en doutez, les “Tout En 3”). Sur celles-ci, le hamac imperméable se détache de la culotte. Si le hamac est souillé, mais pas la culotte, on ne changera que l’insert et le hamac ! Il permet encore de diminuer l’investissement financier, mais ajoute un peu de travail.
Enfin, pour faciliter la tâche, il existe des petits voiles jetables à mettre sur l’insert. Ces voiles permettent de récupérer les selles et de les mettre directement à la poubelle !
Ma routine des couches lavables…
Pour passer aux couches lavables, à chacun sa routine !
Je vous présente ici la façon de faire qui ME convient. Cependant il existe peut-être autant de routines que d’utilisateurs des couches lavables. Le tout est de trouver les aménagements et gestes qui sont les plus faciles pour VOUS !
Voici donc comment je procède :
- J’ai dans la salle de bain, près de la table à langer, un grand panier en sisal avec couvercle. Au fond du panier, j’ai mis une soucoupe pour pot de fleurs, pour préserver le fond de l’humidité. Puis j’ai mis un grand filet à linge, rabattu sur les bords (voir la photo de présentation de l’article).
- Je suis équipée de couches “TE2” en deux parties, et de petits voiles pour retenir les selles.
- Quand bébé fait la grosse commission, je jette le voile avec les selles, et je place l’insert dans le panier en sisal. Je mets la culotte imperméable dans un autre filet à linge.
- Pour les urines, je mets l’insert et le voile dans le panier en sisal et la culotte dans le filet à linge à part.
- Je mets aussi les lingettes lavables dans le panier en sisal.
- Au moment de faire la lessive (de blanc pour moi, je sépare le blanc et les couleurs), je prends le grand filet du panier en sisal et je le vide dans le tambour de la machine à laver. Je lance alors un mini cycle de 12 minutes, à froid et sans essorage, pour rincer les inserts. Ensuite, j’ajoute le reste du linge blanc, et je lance mon cycle habituel.
- Vous remarquerez que je passe en machines les voiles qui ne sont pas souillées de selles – il n’y a pas de petites économies :p
- Enfin il n’y a plus qu’à faire sécher les couches comme votre linge habituel. Les culottes sèchent très rapidement, et les inserts peuvent passer au sèche linge. Ils sècheront de toute façon plus vite que les TE1 à l’air libre, car ils se déplient.
- Pour la crèche, j’ai investi dans quelques TE1 car elles sont plus faciles à manipuler pour les puéricultrices.
Quels bénéfices pour bébé ?
Les couches lavables présentent de nombreux avantages pour la santé des bébés. Contrairement aux couches jetables, elles sont dépourvues de substances chimiques potentiellement irritantes, telles que le chlore, les parfums ou les gels absorbants à base de pétrole, souvent présents dans les couches jetables. D’après le site consoGLobe, l’équivalent d’une tasse de pétrole serait nécessaire pour fabriquer UNE couche lavable ! Ces produits chimiques peuvent causer des irritations cutanées ou des éruptions cutanées chez les bébés.
De plus, les couches lavables, généralement fabriquées à partir de matériaux naturels comme le coton bio ou le bambou, permettent une meilleure respiration de la peau, réduisant ainsi les risques de rougeurs et d’érythèmes fessiers. Une peau mieux aérée est moins susceptible de devenir moite et d’abriter des bactéries ou des levures responsables des infections.
Quels bénéfices pour la planète ?
Les couches lavables apportent des bénéfices significatifs pour la planète en réduisant considérablement les déchets. En effet, un bébé utilise environ 4000 à 6000 couches avant d’être propre. Cela génère environ une tonne de déchets non biodégradables, qui peuvent prendre jusqu’à 500 ans à se décomposer! En comparaison, les couches lavables sont réutilisables sur plusieurs années et pour plusieurs enfants, ce qui diminue drastiquement la production de déchets.
Enfin, même si la production de couches en coton nécessite de l’eau et de l’énergie, leur impact environnemental reste moindre que celui des couches jetables. La fabrication des couches jetables requiert également beaucoup d’eau et des matières premières non renouvelables, entraînant ainsi une empreinte carbone élevée. Certaines études montrent qu’en prenant en compte le lavage et le séchage, les couches lavables restent plus écologiques, notamment lorsqu’elles sont lavées à basse température et séchées à l’air libre.
Et le porte monnaie, on en parle ?
Si les couches lavables représentent un investissement conséquent au démarrage, il ne fait aucun doute que cet investissement est très vite rentabilisé. En moyenne, un parent dépense entre 1500 et 2000 euros pour des couches jetables sur les trois premières années de vie d’un enfant. En comparaison, un lot complet de couches lavables coûte entre 300 et 800 euros, avec des frais supplémentaires liés à l’eau, l’électricité et la lessive. Même en prenant en compte ces coûts d’entretien, les économies globales peuvent atteindre plus de 1 000 euros par enfant. Ces économies sont encore plus importantes si les couches sont réutilisées pour plusieurs enfants.
En ce qui me concerne, j’ai choisi de ne pas acheter de couches en toute petite taille car elles ne sont utiles que très peu de temps. J’avais donc préféré louer mes premières couches. Cela m’avait en plus permis de tester différents modèles, pour savoir lequel me correspondait le mieux.
D’autre part, j’ai eu la chance à l’époque de mon aîné, de bénéficier d’une aide de la part du SYMEVAD, organisme qui gère les déchets sur mon territoire. Peut-être pourriez-vous bénéficier de la même opportunité près de chez vous ?
Le mot de la fin…
Pour conclure cet article, je dirais que les couches lavables présentent de nombreux avantages : pour la santé de bébé, celle de la planète, et de votre porte monnaie.. Elles ne sont pas un challenge insurmontable contrairement à ce qu’on imagine souvent au premier abord. Tout est question d’habitude.
Et surtout, SURTOUT : ce n’est pas grave si on ne peut pas être EXCLUSIVEMENT en lavables. Ce n’est pas parce qu’on n’arrive pas à gérer les couches lavables la nuit qu’on ne va pas y arriver la journée. Ce n’est pas grave si, quelques fois, parce qu’on part en vacances ou à la journée en extérieur, on choisit la facilité d’une couche jetable.
Chaque couche jetable évitée est une victoire, mais ce n’est PAS GRAVE si quelques fois, on n’y arrive pas. Parce que malgré tout, nous sommes humains, et chacun fait ce qu’il peut !
